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18 décembre 2015

Banksy fait le mur à Calais

L’art et le chaos                                                                                        

On la surnomme « la jungle de Calais ». Dans cette zone située dans le Nord de la France, près de 6 000 migrants s’entassent dans un bidonville, les yeux rivés vers les côtes britanniques. Ces derniers jours, leurs regards ont peut-être été attirés par autre chose : une fresque réalisée sur un pan de mur à proximité des tentes. On y reconnaît Steve Jobs, habillé de son éternel col roulé noir, transportant un ordinateur dans une main et un baluchon dans l’autre.

L’œuvre est signée Banksy , l’un des street artists les plus cotés au monde. Sur son site, le Britannique s’explique : « On nous fait croire que l’immigration représente une perte de ressources pour les pays d’accueil, mais Steve Jobs était un fils d’immigré syrien et il a créé l’une des entreprises les plus rentables au monde. » Banksy n’en est pas à son coup d’essai : il y a toujours, au cœur de ses projets, la volonté de questionner les politiques par un geste subversif.

 

Une légende du street art                                                                                  

Banksy est le pseudonyme d’un artiste anglais à l’identité plus secrète que les Daft Punk. Peintre et graffeur de génie, il est, sans conteste, le street artist le plus médiatisé de sa génération, classé par le magazine Times parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde. Ses techniques, pour la plupart des peintures sur pochoir, sont parfois comparées à celles d’Andy Wharol, de Jean-Michel Basquiat ou encore de Keith Haring. Les œuvres de Banksy mêlent politique, humour, provocation et poésie. Le tout sur fond d’anticapitalisme et d’antimilitarisme.

Artiste extrêmement productif, il réalise ses premières œuvres à Bristol en 1993 ; aujourd’hui, elles sont visibles un peu partout dans le monde. Son dernier projet, Dismaland (terme qui mélange l’appellation Disneyland et l’adjectif anglais « dismal », « lugubre ») était un effrayant parc d’attractions installé dans une station balnéaire d’Angleterre durant l’été 2015. On pouvait y visiter un château Disney désaffecté, assister à l’accident de carrosse de Cendrillon, ou encore se lancer dans une pêche aux canards… englués dans une marée noire. Le tout constituait une critique acerbe de la société de consommation et de ses mirages en carton-pâte.

La question des migrants de Calais avait déjà sa place dans le projet Dismaland : démontée en septembre, une partie des installations de ce vrai faux parc d’attractions a été acheminée vers le camp français, afin qu’elles puissent servir d’abri à ses habitants.

 

Des œuvres valorisées

Dans le centre-ville de Calais, Banksy a réalisé deux autres grafs au pochoir. L’un est un pastiche du Radeau de la méduse de Géricault. On y voit, au premier plan, un radeau coulant sous le poids des migrants et au loin un ferry inaccessible, de ceux qui relient Calais à Douvres. Sur son site, l’artiste a ajouté ce sous-titre : « Nous ne sommes pas tous sur le même bateau ».

La troisième fresque représente un enfant avec une longue vue pointée vers les côtes anglaises. Perché sur l’instrument, un rapace fixe l’enfant en retour. Cette image met en exergue le destin, souvent tragique, des jeunes migrants.

Créées pour déranger, ces fresques ont atteint leur but : certaines ont déjà fait l’objet de dégradations. Consciente de leurs valeurs et prenant exemple sur d’autres villes du monde, la mairie de Calais envisage d’installer des plexiglass pour les préserver et éviter les vols. Et pour cause : Banksy est une valeur montante des galeries d’art, dont les œuvres se marchandent à plusieurs centaines de milliers d’euros.

© Illustrations extraites du site de l’artiste


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