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Portrait du Docteur Amar IREKTI

Portrait du docteur Amar IREKTI

 

  • Enseignant chercheur à l’Université M'Hamed Bougara de Boumerdes (Faculté des sciences, département chimie )
  • Coordinateur du centre d’appui à la technologie et à l’innovation CATI
  • Rédacteur en chef du journal scientifique JMPE

 

Dr Amar IREKTI est inscrit en 2003 en Faculté des Sciences à l’université M’Hamed Bougara de Boumerdes, après l’obtention d’un baccalauréat en génie électrique au lycée Technicum d’Azazga à Tizi-Ouzou. En 2014, il bénéficie d’une Bourse de stage Junior dans le Centre européen de la céramique (GEMH) – Université de Limoges, dans le cadre du programme de coopération algéro-français Hubert Curien (PHC) Tassili, qui apporte son soutien aux projets de recherche. Deux ans plus tard, il est récompensé par le Ministre algérien de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le président du Forum des chefs d'entreprises algériens avec l’obtention du troisième prix dans le cadre de la compétition du Prix FCE de la meilleure thèse de Doctorat en Algérie

 

Qu’est ce qui a motivé votre choix d’études au départ ?

J’ai choisi ce parcours pour plusieurs raisons : j’avais particulièrement apprécié les cours d’ateliers et de physique dans le cadre de mon baccalauréat technique, ce parcours représentait une continuité logique par rapport à mon cursus de base. De plus, les métiers techniques sont extrêmement divers puisqu’avec un diplôme tel que celui-ci, nous pouvons travailler dans les laboratoires, dans les usines ainsi que dans la recherche scientifique. C’était donc une véritable aubaine à ne pas manquer pour moi qui n’avait pas encore de projet professionnel bien défini. Au bout de quelques années, je me suis retrouvé dans un domaine qui me passionne et ne cesse de m’émerveiller. De 2003 à 2011, je me suis délecté de saveurs scientifiques en suivant les cours du diplôme d’études universitaires appliquée (DEUA), l’ingéniorat d’Etat et le magistère, qui étaient mes premiers diplômes, récoltés avec beaucoup de mérite.

 

 

Comment vous êtes-vous lancé dans la recherche scientifique ?

L’environnement où j’ai grandi et gagné en maturité scientifique, à savoir l’unité de recherche des matériaux URMPE de l’Université de Boumerdès, m’a permis de cerner mes envies. Je me suis aperçu que le monde de la recherche scientifique m’attirait particulièrement et je me suis donc inscrit en doctorat « sciences » sous la direction de l’éminent professeur Bezzazi Boudjema. Ma thématique définie dans le domaine des matériaux polymères se veut une application innovante au profit des industriels.

Parlez-nous de votre stage à Limoges dans le cadre du projet PHC Tassili

J’ai commencé les premiers travaux de cette thèse au niveau de l’unité de recherche URMPE de l’université de Boumerdès. Très vite, une installation dans un grand laboratoire est indispensable afin d’arriver aux objectifs tracés au cours des premières années de cette étude.

En 2014, après l’acceptation de notre projet Tassili : CMEP 14 MDU 923, intitulé «   Valorisation des Matières Argileuses et Déchets Industriels dans la Synthèse de matériaux cimentaires : relation minéralogie - microstructure - propriétés mécaniques » en collaboration avec l’unité de recherche URMPE de l’université de Boumerdès et le Groupe d’Etude des Matériaux Hétérogènes à l’Ecole Nationale Supérieure de Céramique Industrielle (ENSCI) à Limoges en France. J’ai eu l’occasion de faire un stage dans les locaux du Centre Européen de la Céramique, implantés à Limoges, sur le parc d’Ester Technopole, au cœur d’un tissu technologique et institutionnel spécialisé dans la recherche et le développement des matériaux. Mon passage dans ces laboratoires a donné une autre dimension à mon travail de recherche. Des moyens techniques et humains, des plateformes de caractérisation bien équipées et la volonté de s’intégrer dans la créativité d’un environnement riche a contribué à faire de mon sujet de thèse de doctorat une idée innovante. Au bout de quelques mois, j’ai trouvé tout l’encadrement nécessaire pour finir le travail que j’avais entamé en Algérie. Le plaisir de travailler au laboratoire avec des équipes de recherche et des techniciens plus expérimentés m’a offert plus de volonté afin d’arriver aux résultats tracés lors de mon inscription en doctorat.

 

        

Quelle est l’apport de cette expérience en France ?

Ce qui motive d’étudier en France, c’est aussi les journées pleines de surprises. Au quotidien, je rédigeais mes protocoles d’essais, menais les expériences et analyses et en tirais les conclusions en vue d’améliorer les procédés d’élaboration et les résultats finaux. Il m’est aussi arrivé, avec mes collègues doctorants, de créer de nouveaux équipements d’analyses qui puissent s’adapter aux échantillons et recréer les conditions d’analyse proches de la réalité. Cela m’a permis de découvrir d’autres manières de procéder, de réfléchir mais aussi de travailler. Cette expérience est vraiment enrichissante. J’ai acquis en premier lieu des connaissances en techniques de caractérisation, gagné en autonomie et en organisation. J’ai été au cœur d’un centre de recherche favorisant la diversité culturelle où j’ai pu rencontrer des personnes très bienveillantes à mon égard. Avec une dizaine de doctorants, nous avons tissé des liens très forts et passé des moments inoubliables. L’alliance de tout cela m’a vraiment confortée dans mes projets personnels et professionnels, ce qui fût rassurant et motivant pour la suite ma thèse!

Quelle fut la suite de la préparation de cette thèse de doctorat ?

Tous les efforts fournis pour cette thèse ont été bien récompensés, elle a été primée dans le cadre de la compétition du Prix FCE de la meilleure thèse de Doctorat en Algérie, décerné lors de la célébration du 60ème anniversaire de la journée nationale de l'étudiant à Oran en présence de Monsieur le Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le Président du FCE avec plus de plus de 500 entrepreneurs, chefs d'entreprises et universitaires.

Quel conseil donneriez-vous aux futurs étudiants algériens ?

Mon conseil pour les nouveaux étudiants algériens en France, c’est que lorsqu'on choisit son chemin, il faut veiller à y arriver quelques soit les obstacles. Faire des études en France est avant tout une expérience humaine puis une aventure scientifique pleine de richesses. Il n’y a pas de recette miracle pour réussir ses études supérieures. Chacun vit ça différemment, avec son propre style. Pourtant, à bien y regarder, celles et ceux qui réussissent leurs études présentent quelques caractéristiques communes. Mais ce qui compte réellement dans cette expérience, c’est tous ces liens d’amitié et tout ce capital de savoirs pour fonder un avenir professionnel de qualité. Profitez pleinement de ces merveilleux moments et dîtes toujours que le résultat final est juste devant vos yeux…

Qu’attendez-vous du réseau France Alumni Algérie ?

Concernant le nouveau réseau France Alumni Algérie, c’est une nouvelle porte qui s’ouvre vers un nouvel horizon d’échange d’expériences et de connaissances entre les étudiants algériens qui se trouvent en France et ceux qui font leurs études dans les universités algériennes. Il y a toujours des témoignages qui racontent des merveilleuses aventures dans les différentes universités, des histoires qui peuvent êtres des exemples et références pour les futures étudiants. Les expériences partagées par les étudiants Algériens en France peuvent être exposées dans ce réseau afin de tisser un lien fort entre tous les étudiants algériens. Il faut aussi renforcer la présence dans les universités algériennes afin d’assurer un contact permanent entre les anciens étudiants très souvent des modèles de réussite qui sont aujourd’hui des cadres, des dirigeants ou même des élites dans différents secteurs d’activités. Cette initiative se voit comme une source de développement sociale et économique par ce retour d’expérience qui peut aussi nouer des partenariats économiques et académiques.