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Rencontre avec Louise DIB, graphiste typographe, Alumni de l’Ecole Supérieure Estienne des Arts et des Industries Graphiques

Rencontre avec Louise Dib, graphiste, typographe, Alumni de l’Ecole Supérieure Estienne des Arts et des Industries Graphiques

 

Louise Dib a choisi le graphisme et la typographie pour métier.  Diplômée en 2011 de l’Ecole Supérieure Estienne  des Arts et des Industries Graphiques, elle a commencé à travailler au sein d'un studio à Paris qui réalise des vidéos pour la mode ainsi que des longs métrages.

En 2014, elle a travaillé sur le projet de montage d'une fresque avec des photos de fragments des murs d’Alger dans le cadre du festival Djart’14. Installée en Algérie, Louise Dib est également la petite-fille du pionnier de la littérature algérienne, Mohamed Dib.

Un mot sur votre parcours académique (études en arts appliqués option design typographique à l’Ecole Supérieure Estienne des Arts et des Industries Graphiques)

Après un Baccalauréat littéraire option « histoire de l’Art », une Mise à Niveau d’Arts appliqués et un BTS en Communication visuelle (anciennement appelé Design graphique),  je me suis orientée vers la typographie.  Intéressée par le rapport entre la lettre et l’oralité, le signe et le son, j’ai choisi ce thème pour mon sujet de mémoire et mon projet de fin d'études. Après avoir étudié l’image en Histoire de l’art et en BTS, j’ai choisi de me spécialiser dans le domaine de l’édition et d’étudier la typographie, afin d’intégrer cette discipline du graphisme.

 


Votre projet personnel et vos réalisations (typographie, édition et photographie)

A la fin de mes études en 2011, j’ai commencé à travailler en tant qu’assistante du directeur de création au sein du Studio CLAM à Paris, dirigé par le nigérian Andy Amadi Okoroafor qui m’a appris à travailler en freelance. Le studio, orienté vers l’image et la vidéo, m’a permis d’apporter ma valeur ajoutée en création typographique, à travers la création d’une typographie pour le magazine CLAM.

Plus tard, en 2013, j’ai eu l’occasion de rencontrer les éditeurs de la maison d’édition algéroise « Barzakh »à Paris. Ils m’ont alors proposé de venir en Algérie et d’être associée à  la création du livre « Alger sous le ciel » dont j’ai conçu la mise en page. Depuis, je travaille avec eux sur de nombreux projets. Cette collaboration m’a ouvert beaucoup de portes et plusieurs perspectives de créations se sont ensuite dessinées à Alger.

Après un bref passage à Marseille où j’ai découvert des structures d’édition indépendantes et un tissu associatif fort, j’ai commencé à imaginer un concept d’ateliers autour de l’art et de la typographie à Alger.

J’ai ensuite rencontré mon fiancé à Alger en 2014, le graphiste Riad Hamed Abdelouahab, avec qui j’ai animé un atelier de collage participatif autour des typographies de la rue dans le cadre de la biennale de « Djart’14 » en 2014. En 2016, nous décidons de créer ensemble le studio graphique CHIMBO, spécialisé dans l’édition et l’identité visuelle. Nous avons ainsi travaillé sur la création du journal du métro d’Alger, la création de l’identité visuelle de l’école maternelle « Montessori Algérie » et de l’espace culturel, Le 48 (café-restaurant, “le perchoir”, librairie “L’arbre à dire” et salle de conférence, l’Espace Agora),  ainsi que sur la conception graphique de la revue socioculturelle  « Esprit bavard. Algérie autrement dite, autrement vue ».

Riad et moi avons par la suite conçu le projet « MASSAR1 », un concept d’ateliers itinérants de Land Art et de photographie. Un collectif d’artistes nous a rejoints en 2017 afin d’offrir l’opportunité aux jeunes de 6 régions d’Algérie, d'être initiés aux techniques artistiques en pleine nature. Actuellement formatrice, j'enseigne le design graphique et la typographie dans une école de design à Alger. J'ai également enseigné la typographie et le design éditorial à l'institut français d'Alger lors de courtes formations.

Qu’est ce qui a motivé votre choix de revenir en Algérie ?

Je suis amoureuse de la culture arabe et berbère, et je suis fascinée par les cultures composites (composées de plusieurs cultures). Je travaille ainsi à faire correspondre au sein d’un même dessin (logo ou composition graphique) les deux écritures latines et arabes.

Pour ce qui est de mon choix professionnel, mon retour a été motivé par l’ouverture des secteurs culturels et les challenges qu’ils représentent. L’éducation, les institutions culturelles, les arts plastiques et graphiques sont en pleine révolution. C'est une révolution qui se fera sur le long terme, soulevée par de nouveaux artistes qui donnent à voir une Algérie moderne passionnée d’art. J’ai souhaité m’y inscrire en tant que formatrice et créatrice dans l’art, le graphisme et surtout la typographie qui restent des  un domaines très peu développés en Algérie…

En juillet 2017, j’ai organisé l’atelier « Makhbar el Khatt – laboratoire de recherche typographique » avec le soutien de l’Institut Français et du Goethe Institute. Cet atelier de deux semaines sur le thème de la recherche typographique, a réuni 12 stagiaires et 4 formateurs autour de la typographie arabe, tifinagh et latine.

Vivre en Algérie a rendu possible pour moi le rêve d'avoir plusieurs activités complémentaires (créer des concepts de formation, former et créer dans le domaine du graphisme et de la typographie).

Selon vous, que peut apporter une expérience en France à un(e) étudiant(e) algérien(ne) ?

En Algérie, aucune école de design ne regroupe les différentes disciplines des arts appliqués (design d’espace, d’objet, de mode et de communication visuelle).

En France, il y a de bonnes écoles de design publiques accessibles sur concours et /ou présentation d’un dossier de travaux.

La France est  un carrefour d’étudiants internationaux. C’est intéressant de rencontrer des étudiants du monde entier, dans le secteur de l’art ou de la culture et de pouvoir échanger et partager avec eux..

Et c’est sans compter la richesse des ouvrages sur l’art et le graphisme de toutes les époques que l’on peut trouver par exemple à la Bibliothèque Nationale de France et à la bibliothèque du Centre Pompidou. Et en tant qu’étudiant, nous accédons facilement à toute forme de loisirs (culture, bibliothèque, expositions, spectacles, cinéma…) à des tarifs préférentiels !

 


 

Un mot d’encouragement pour les futures générations

Cherchez toujours à vous épanouir pour donner le meilleur de vous-mêmes et gardez en tête que l’on apprend tous les jours ! Le secteur de la culture et des Arts appliqués est en pleine construction en Algérie, soyons nombreux à imaginer et à créer le design de demain !

Un mot sur le réseau France Alumni Algérie

C’est un réseau porteur pour créer des ponts entre les deux rives de la méditerranée,  afin de créer des échanges intellectuels. Les étudiants issus des secteurs du design et de la culture ne sont pas encore beaucoup représentés, j’espère voir grandir cette communauté!