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Entretien avec Lamia ZEMRI KHODJA, fondatrice LKONSEIL Board Advisory à Alger

 

Entretien avec Lamia ZEMRI KHODJA, diplômée en Economie et Finance Internationale de la Sorbonne, fondatrice LKONSEIL Board Advisory à Alger, une activité de conseil en Stratégie & Management :

 

 

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point - Blaise Pascal.

Ce parcours m'a permis de me battre pour des causes qui me tiennent à cœur, de  défendre mes convictions et de réaliser mes ambitions, là où j'ai grandi. C'est inestimable en terme d'épanouissement ! […]. N'hésitez pas à partir mais n'oubliez pas que vous avez un bel avenir qui vous attend, en revenant contribuer au développement d'une dynamique entrepreneuriale de plus en plus importante, que ce soit en tant que cadres dirigeants au sein de grands groupes nationaux ou multinationaux ou en tant qu'entrepreneurs. C'est ce que j'ai fait il y a 20 ans […] ».

- Lamia Zemri Khodja -

Diplômée en Economie et Finance Internationale de l’Université de la Sorbonne, Lamia Zemri Khodja choisit en 2002 de rentrer en Algérie où elle a grandi. Elle a évolué au sein de multinationales pendant près de 20 ans avant de créer en 2015 son activité de conseil en Stratégie et Management, pour accompagner les chefs d'entreprises, leur comité de direction ainsi que les porteurs de projets innovants (Start-up) à définir et à exécuter leur stratégie de développement.  

 

Lamia Zemri Khodja est engagée dans de nombreuses causes sociales (INcommunity qui regroupe les acteurs de l'innovation et du digital en Algérie, le Club des femmes chefs d'entreprise de la Chambre de Commerce et d’Industrie Algéro-Française qui a organisé en 2017 une compétition de start-up pour des femmes porteuses de projets innovants et le Comité "Diversité et Inclusion" de Société Générale Algérie). 

Parent d'une enfant autiste, elle crée en 2018 "The Unikorn Project - Autisme et autres différences" pour promouvoir la diversité et l'Inclusion dans notre société. Ce qui l'a amené à intégrer à la demande du Professeur Tabti, Chef du service de pédopsychiatrie de l'hôpital de Chéraga, le Comité de la santé mentale des enfants rattaché à l'Organe de protection et de promotion de l'enfance en tant qu'expert externe, responsable des questions liés à la "Guidance parentale". Une autre cause qui lui tient profondément à cœur. A ce titre, elle a organisé avec le Docteur Houbi à la "Bulle Space" une rencontre avec des parents d'enfants autistes et l'auteur norvégien Halfdan Freihow, a l'occasion de la sortie de son livre sur son fils autiste "Cher Gabriel" au SILA.

Un mot sur votre parcours académique et votre choix d’études.

J'ai fait toute ma scolarité à Alger au sein des établissements gérés par l'OUCFA (Office Universitaire et Culturel Français en Algérie) : Ecole des Pins, Collège Gorrias, Collège Max Marchand et enfin Lycée Descartes. Il était pour moi tout à fait naturel d'intégrer une université française, sans réellement me rendre compte du prestige de la Sorbonne à ce moment-là, notamment à l'international. J'ai réalisé plus tard que dans de nombreux pays, on ne connait pas forcément Sciences Po mais la Sorbonne reste une référence…

J’ai donc choisi d’effectuer un cursus académique en Sciences économiques à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, où j’ai obtenu une maitrise en économie et finance internationale, puis un DEA en Monnaie, Finance et Banque. J’ai ensuite consacré 4 années à une activité de recherche sur les conséquences du passage à la monnaie unique en Europe et plus précisément sur l'instabilité des systèmes bancaires et financiers émergents, au sein du CEBI (Centre d'Etudes Bancaires Internationales) à Paris.

 

Un mot sur votre activité professionnelle et votre choix de rentrer en Algérie

Ma carrière professionnelle a débuté à la Direction financière d'Electricité de France (Paris), où j’ai effectué des études économiques et des tests économétriques sur la variation des taux de change et des taux d'intérêt exercés dans les marchés de capitaux.

En 2002, je décide de rentrer à Alger où j’ai grandi. La finance bancaire et les marchés financiers étaient peu développés à ce moment-là. Je me suis alors reconvertie en Finance d'entreprise au sein de multinationales leaders du marché automobile (Renault Trucks puis Toyota) en tant que Directrice financière puis Corporate Planning General Manager. En 2015, j'ai créé LKONSEIL BOARD ADVISORY, une activité de conseil en Stratégie & Management spécialisée en développement des organisations, pour accompagner les chefs d'entreprises, leur comité de direction ainsi que les porteurs de projets innovants (Start-up) à définir et à exécuter leur stratégie de développement.   

 

Un mot sur votre engagement social et les causes qui vous tiennent à cœur 

Parent d'une enfant autiste, j’ai développé en 2018 le projet "The Unikorn Project - Diversité et Inclusion", pour promouvoir une approche plus positive du handicap en général, la Neurodiversité en particulier (variabilité neurologique de l'espèce humaine et mouvements sociaux visant à faire reconnaître et accepter cette différence) et une Société Inclusive (s'adapter aux différences de la personne, aller au-devant de ses besoins et lui donner ainsi toutes les chances de réussir dans la vie).

Mon engagement au sein de la communauté du digital (INcommunity) s'explique par la nécessité d'étendre l'utilisation du digital à tous, y compris les personnes en situation d'handicap, et de développer des solutions pédagogiques numériques pour les enfants à besoins éducatifs particuliers ou  des aménagements professionnels pour les adultes qui souffrent d'un handicap et qui ont besoin de rester "connectés". C'est primordial pour eux mais aussi pour l'équilibre de notre société.

Après 25 années d'expérience professionnelle, j'ai enfin trouvé le bon équilibre entre obligations professionnelles, convictions et engagements personnels.

 

Un mot sur les enjeux de l’entrepreneuriat en Algérie.

Il s’agit d’un vaste sujet qui me passionne !

Je suis particulièrement engagée dans le développement de l’écosystème des start-up en Algérie ainsi que l’entrepreneuriat social à travers un projet autour de la Responsabilité Sociétale des Entreprises et du Développement durable sous le nom de « The Mozaïk Project ».

Avant de créer mon activité de Conseil, j'avais consacré une année à une activité bénévole pour le développement de l'entrepreneuriat au sein des universités algériennes, notamment à l'Ecole Nationale Polytechnique.

Aujourd'hui je continue à soutenir de jeunes entrepreneurs innovants à travers le mentorat. Mon expérience sur le terrain m'a permis de constater qu'une vague d’initiatives, toutes aussi innovantes les unes que les autres, émergeaient doucement mais solidement, avec une constante : elles avaient toutes un impact social très positif. Ceci m’a amené à m’interroger sur le concept de la « responsabilité individuelle ou collective » des individus au sein de la société.

Quel rôle pouvons-nous jouer pour permettre à cette effervescence de continuer à briller même si le ciel s’assombrit ? Je pense que nous avons tous une responsabilité individuelle. Il me semble essentiel de contribuer à pérenniser cette énergie positive, de la structurer et surtout d’être à l’écoute de tout ce qui lui permettra de se régénérer constamment, quelques soient les évolutions de l’environnement.

Je suis aujourd’hui particulièrement impliquée dans le soutien et l’accompagnent des initiatives entrepreneuriales qui mettent en avant la diversité, l'inclusion et le développement durable.  Je crois fermement que nous devons aligner nos actions pour l’émergence de cette jeune et brillante intelligence collective qui remettra toutes les croyances en question.

Ce n’est pas de la théorie, il est question d’embarquer ou non dans le train à grande vitesse de la 4ème  révolution industrielle. J'ai rédigé le mois dernier un article à ce sujet pour le magazine « 15-38 Méditerranée ».

Quelle est selon vous la valeur ajoutée d’une mobilité en France pour les nouveaux étudiants ?

En premier lieu, sortir de sa zone de confort et partir à la découverte du monde !

Cette formule reste valable pour n'importe quel pays. En France, la valeur ajoutée est sans aucun doute l'accès à la culture, dans une langue que la majorité des étudiants algériens maîtrisent déjà. Les loisirs y sont également diversifiés et accessibles à tous : cinéma, théâtre, musées, grandes bibliothèques, festivals…

Quels conseils donneriez-vous aux futures générations ?

Suivez votre cœur ! "Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point." Blaise Pascal

N'hésitez pas à partir mais n'oubliez pas que vous avez un bel avenir qui vous attend, en revenant contribuer au développement d'une dynamique entrepreneuriale de plus en plus importante, que ce soit en tant que cadres dirigeants au sein de grands groupes nationaux ou multinationaux ou en tant qu'entrepreneurs. C'est ce que j'ai fait il y a 20 ans et cela m'a permis de me battre pour des causes qui me tiennent à cœur, de  défendre mes convictions et de réaliser mes ambitions, là où j'ai grandi. Cet accomplissement est inestimable ! 

Un mot sur le réseau France Alumni Algérie.

Ce réseau dédié à l’ensemble des profils algériens ayant suivi des formations en France dans des domaines très variés, peut fédérer de nombreuses personnes autour de projets créateurs de valeur pour la société.