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XIONG Xiaochuan - Ecole des Mines de Nancy

Xiong Xiaochuan

De la littérature française à une thèse en sciences des matériaux à l’école de Mines de Nancy : parcours passionnant et passionné d’un membre France Alumni.

Etudiant à l’Institut Polytechnique de Harbin et spécialisé en science de matériaux, je me prenais pour un étudiant moyen parce que j’étais plus intéressé par la littérature que par la science. Ma passion : la littérature française et plus particulièrement les écrivains du vingtième siècle. Cette passion pour le français m’a conduit à étudier le français en 3ème année à mon université. La raison était très simple: après avoir lu un certain nombre de romans et essais français traduits en chinois,  je rêvais d’être capable un jour de savourer la beauté de la langue française « dans le texte ». Alors, je me suis inscrit aux cours de français auprès d’une petite école privée,  seule structure donnant des cours à Harbin à l’époque. Je me souviens très bien combien j’ai été fasciné par la beauté de la langue mais aussi étonné par sa complexité et cela dès les premiers cours.

Je m’amusais bien avec des mots simples et la grammaire enseignée par ma professeure, dont la belle voix et l’accent parisien étaient charmants. Mes progrès étaient lents mais au bout d’une année d’étude, après avoir fini ma lecture de  mon premier roman « l’Etranger » d’Albert Camus à l’aide d’un dictionnaire et de mon imagination, j’ai ressenti une satisfaction énorme.

En 4ème année de Benke arriva l’heure des choix : je devais me décider et choisir ma voie. Je n’avais pas très envie de continuer mes études et commençais à chercher du travail. Un jour, un ami me parla d’un professeur français qui était venu à l’ HIT pour chercher de bons étudiants souhaitant continuer leurs études en France, dans une école qui s’appelait l’Ecole des Mines de Nancy. Il m’a conseillé d’aller « jeter un coup d’œil ».  Je n’avais aucune idée d’où se trouvait Nancy et ne connaissais même pas le système éducatif français. En plus, la traduction anglaise de l’Ecole des Mines, « school of mines », me semblait peu attrayante, me faisant penser aux écoles spéciales chinoises destinées aux jeunes venant de sortir de prison. Après avoir trouvé vite des renseignements sur l’internet, j’ai vite compris que l’Ecole des Mines était aussi le rêve de beaucoup de jeunes français. Mon ami, qui me connaissait bien et était aussi conscient que moi que je n’avais aucune chance d’être sélectionné si les résultats pédagogiques étaient le seul critère de sélection, rigolait en me disant « vas-y, tu seras peut-être le seul qui parle un tout petit peu français ». Il avait raison, j’étais vraiment le seul qui avait appris le français parmi tous les candidats qui étaient pour la plupart les meilleurs étudiants de l’HIT. Quand je franchis le seuil de la salle d’entretien et je murmurai un « bonjour monsieur » au professeur, il a été convaincu de l’intérêt de ma candidature et j’ai été finalement été retenu.

Suite à 6 mois de formation intensive en langue française à Shanghai, je suis arrivé à Nancy. Les deux premières années au parc de Saurupt ont été spécialement difficiles :  il fallait que je travaille dur non seulement pour faire progresser mon niveau de français mais aussi pour mettre à niveau mon niveau de connaissances dans le domaine de la science des matériaux.

Ayant obtenu le diplôme d’ingénieur civil des Mines et le diplôme de DEA, j’ai décidé de continuer mes études en faisant une thèse. Le sujet de la thèse, proposé par ArcelorMittal, aujourd’hui n°1 mondial des  producteurs d’aciers, portait sur la métallurgie des aciers à l’azote. C’était un projet très ambitieux et intéressant dont l’objectif final était de remplacer un jour le carbone, le principale élément d’alliage, par de l’azote dans les aciers. En travaillant sur cette thèse, je redécouvris ma passion pour la science, tout particulièrement grâce à mes collègues français des laboratoires de l’Ecole des Mines et d’ArcelorMittal qui avaient des qualités formidables: esprit très logique et scientifique, sens de l’humour, bon goût et esprit sportif. L’image des ingénieurs et scientifiques a complètement changé dans ma tête durant ma thèse et c’est pour cela que je ne regrette pas ce que je suis devenu aujourd’hui. En 2008, j’ai soutenu ma thèse en français, obtenue avec les « Félicitations du jury ».

Je suis rentré en Chine tout de suite après ma soutenance de thèse pour obtenir un poste de maître de conférences à l’université Jiaotong de Shanghai où j’ai travaillé 2 années. J’ai quitté l’université en 2011 pour devenir chercheur chez General Motors China Science Lab où je suis actuellement en charge de la recherche sur des aciers à ultra haute résistance pour l’application automobile.

Quant à ma passion pour la littérature française….
Pendant mon séjour en France, la plupart de mes lectures se sont concentrées sur… des ouvrages écrits en chinois, rapportés de Chine et racontant des histoires chinoises !

En revanche, depuis mon retour en Chine, je lis de temps en temps des livres en français, dont dernièrement « Les Demoiselles de Provence » de Patrick de Carolis. C’est peut-être un paradoxe, ou plutôt mon intérêt pour l’émission ‘’des racines et des ailes’’ que Patrick de Carolis animait quand j’étais étudiant-chercheur en France ?.

De la littérature française à une thèse en sciences des matériaux à l’école de Mines de Nancy : parcours passionnant et passionné d’un membre France Alumni.