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Festival " Slamer un pied sur la lune"

Fatima Salin, et Da Genius dévoilent les coulisses de l'organisation du Festival "Slamer un pied sur la lune", qui a eu lieu du 15 au 20 Août aux Comores.

Ce festival ne doit rien au hasard, et n'aurait pas eu lieu sans des rencontres déterminantes, ayant lieu lors de leurs mobilités en France, au Sénégal ou ailleurs.

Voyager, découvrir pour enfin revenir et partager ces découvertes,  ce sont les leitmotiv de ces jeunes talents comoriens.

Retour sur ces cinq jours de festival avec Fatima Salim et Da Genius de l’association SAKARA.

 

Bonjour Dagenius et Fatima, pouvez-vous vous présenter ?

Fatima : Je m’appelle Fatima Salim, slameuse, représentante de l’association Sakara et organisatrice du festival « Slamer un pied sur la lune ».

Da Genius : Je m’appelle Gamil, alias Da Genius, également slameur, représentant de Sakara et organisateur du festival.

Pouvez-vous nous raconter la création de l’association Sakara ?

Da Genius : On ne l’a pas vraiment créée. L’association Sakara est venue à nous car nous étions un collectif d’artistes disposant d’une multitude de compétences et qui pouvaient s’associer pour faire de l’évènementiel.

On a commencé par accompagner des concerts, puis nous avons créé deux ateliers d’écriture dans les écoles de la capitale ainsi que des concours de Slam. Nous avons également participé à un projet financé par l’Union Européenne qui a permis de réaliser un grand concours réunissant toutes les écoles de la capitale.

Nous avons réalisé par la suite le premier championnat national de slam dont la championne Hamada Hannane avait aussi remporté le concours inter établissement.

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Fatima Salim, lors de la cérémonie d’ouverture du festival.
© Service de Presse de l'Ambassade de France aux Comores

Comment vous est venue l’idée du festival « Slamer un pied sur la lune » ?

Nous voulions partir de quelque-chose que l’on maîtrise. Fatima est slameuse. Elle écrit beaucoup, et elle a été la lauréate du programme Culture Lab. Quant à moi je suis également slameur. Nous avons donc eu l’idée de créer un festival autour du slam.
Nous avons commencé à écrire, mais on ne voulait mettre le projet en avant que si nous avions un invité d’honneur pour le parrainer. Nous avions pensé à Gaël Faye, puis à Grand Corps Malade, mais c’est finalement la rencontre de Capitaine Alexandre en Côte d’Ivoire qui a permis de lancer véritablement le projet.
Après ça on s’est très vite retrouvé à le faire. On a écrit une première version du programme, puis on est parti à la rencontre des slameurs locaux pour voir ce qu’on pouvait faire ensemble. Tout le monde a apporté sa contribution et le programme a été bien modifié. Le programme final de « Slamer un pied sur la lune » est vraiment le produit d’un commun accord.

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Lecture d’œuvres africaines au CCAC - Mavuna
© Service de Presse de l'Ambassade de France aux Comores

Pouvez-vous nous faire un bilan du festival ?

Clairement c’était une réussite car budgétairement nous étions très limités. Mais l’aide des uns et des autres, les bénévoles, les jeunes du festival, nous a beaucoup apporté. Nous voulions donner ce festival à tout le monde, pour que tous puissent le porter. C’était vraiment le festival de tout le monde.

Financièrement on était bien loin de la somme qu’on aurait dû avoir pour l’organisation d’un festival de 5 jours. Mais on a eu la chance d’avoir des jeunes qui se sont donnés. C’est un peu ça notre fierté, c’est d’avoir fait ce festival avec presque rien en poche.

On a quand même eu pas mal de partenaires. Mais le plus gros c’était le SCAC, qui a apporté des subventions pour faire venir les Anjouanais et les Mohéliens, ainsi que Capitaine Alexandre sans qui le festival ne serait pas debout.
Nous avons également reçu le soutien de Pierre Barbier et de l’Alliance Française de Moroni (que je tiens à remercier) qui nous ont prêté du matériel et leurs locaux.
On a eu également le soutient de Coca-Cola, AB Aviation, Komo Cash, Moroni Terminal, la mairie de Moroni, Itsandra plage, le CCAC-Mavuna, Nextez solution, citizent, et de Maalesh.

La réussite de « Slamer un pied sur la lune » c’est le sens du partage que l’on a eu. La venue des artistes locaux, la visite des clubs d’écritures de poésie et de slam dans les villages, et également l’esprit de partage de nos invités. Comme Capitaine Alexandre qui, loin d’être une diva, était vraiment présent dans la rencontre des jeunes et des artistes locaux. En plus, les trois îles ont pu participer à cet évènement.

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Visite des clubs de slam et de poésie avec Capitaine Alexandre
© Association Sakara

Il y avait plus de 300 personnes lors du dernier concert. Les artistes ont mis le feu. C’était vraiment un moment fort de partage d’émotion, de slam et de poésie.

Maintenant on aimerait que le festival revienne tous les deux ans avec toujours plus d’ampleur et de monde. Le but c’est de créer un rond-point du slam dans l’océan indien, ici, aux Comores. On aimerait pouvoir réunir des slameurs, venant d’Occident, de l’Océan Indien, et de toute l’Afrique pour 5 jours de partage et de folies poétiques.

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Un mot pour la fin ?

Je voulais remercier tous les bénévoles et les jeunes du CCAC-Mavuna, ainsi que tous les clubs de slam qui nous ont accompagné : Mbeni Art, le club de poésie MJP de Tsinimoichongo, et Art de la Plume. Je veux également remercier quelques jeunes qui ont vraiment porté à bout de bras ce festival : Jamal, Apchi, Halil, Le clown, Gwali, et Reaper.

On remercie aussi « la force » Soumette Said Ali qui, non seulement nous a prêté un peu de sa force, mais a aussi porté le festival comme si c’était le sien.

Et enfin, merci à toute l’équipe de Sakara. A Tchao, artiste graphique, et Amal artiste cinéaste et photographe.