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Ester, chercheuse postdoctorale

 Le témoignage d'Ester, chercheuse postdoctorale

 

Marseille - Vieux portFiche d'identité

  •  Prénom : Ester
  • Études en France : stage de laboratoire à Lyon (2001-2002), DEA (2003-2004), thèse en cotutelle (2004-2007)
  • Bourse reçue : Bourse de la fondation "La Caixa" et du gouvernement français
  • Actuellement : chercheuse postdoctorale à l'Institut Méditerranéen de Biodiversité et Écologie de Marseille

Dans quel contexte avez-vous étudié en France ?

Je suis venue la première fois hors programme d'échange, car il n'y avait pas de convention Erasmus entre mon université (l'Universitat Autònoma de Barcelona) et l’université française de destination (l'Université Claude Bernard-Lyon 1). J’y ai réalisé un stage de laboratoire correspondant aux études actuelles de M1. J’y ai suivi aussi quelques matières pour essayer de les valider dans mon université d’origine à mon retour (ce qui n'a finalement pas été possible). J’y suis restée de septembre 2001 jusqu’à juin 2002.

Après un an, afin de finir mes études dans mon université d’origine, j’ai fait un DEA (actuel M2) pendant l’année scolaire 2003-2004.

J’ai commencé une thèse en cotutelle en 2004, entre la France et l’Espagne, qui a du s’arrêter en 2007 à cause des incompatibilités qui existaient à cette époque pour les validations d'études entre deux pays de l’Union Européenne.

Pourriez-vous nous raconter un bon souvenir ou une anecdote liés à vos études en France ?

J’ai plein d’anecdotes de mes premiers temps en France, pas toutes agréables mais on en rigole maintenant. C’est difficile de choisir… Ma préférée est peut-être celle d’avoir rejeté les avances d’un jeune Français pendant plus d’un an sous prétexte de « je vais rentrer à la fin de l’été et je ne veux pas être avec un étranger »… Aujourd’hui ce jeune français est mon mari et on habite ensemble depuis 5 ans à Marseille.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait aller étudier en France ?

D’abord, de se charger de patience. On ne s'en rend pas compte, vu que nos pays sont l'un a coté de l’autre, mais il y a bien des différences culturelles et des malentendus relationnels ! Je crois que comme ce n'est pas un pays comme le Japon ou un autre pays lointain on ne s'en rend pas forcément compte, mais il y en a ! Le langage non verbal utilisé dans les deux pays n’est pas le même et au début on a un peu du mal pour comprendre… et pour qu’on nous comprenne ! Il ne s’agit pas uniquement d’une question de langue.

Une autre chose importante est l’immersion. Même si l'on rencontre des espagnols, des mexicains ou d'autres personnes de pays latins, il est très important de ne pas rester qu’avec eux. Cela fait du bien de temps en temps de parler la langue d’origine, mais c’est très important pour améliorer sa compréhension et pour s'assurer la réussite dans le pays de se faire des amis français. On découvrira des gens différents et, quand on part dans un autre pays, il faut se faire adopter ! Ce n'est pas en restant entre personnes du même pays d’origine qu'on apprend la réalité du pays d’adoption.

Enfin, aller voir les profs, dès le début. Se présenter, indiquer que nous pouvons peut-être avoir des difficultés de compréhension ou d’expression. C’est important de le faire au début de l’année et aussi de leur faire part ensuite des doutes qui peuvent surgir. Il ne faut attendre les examens pour qu’ils découvrent qu'en fait, votre orthographe n’est pas parfaite parce que vous êtes étranger ! La plupart sont compréhensifs et vont aider dans ce sens, surtout quand ils vont voir que vous êtes motivés pour apprendre. S’ils le savent avant, ils seront indulgents avec vos fautes.

Que faites-vous à présent ? Quels sont vos projets pour le futur ?

Actuellement je suis chercheuse postdoctorale à l’IMBE (Institut Méditerranéen de Biodiversité et Écologie, à Marseille). Vu que mon mari est Maitre de Conférences à l’Université de Marseille depuis 2010, nos projets de futur passent par le fait que je réussisse à avoir aussi un poste dans la même ville !

En quoi le fait d’avoir étudié en France a-t-il été déterminant pour vos projets ?

Je crois qu’il n'y a même pas besoin de le dire : je suis partie pour un sujet de recherche qui m’intéressait, et en plus, j’ai trouvé quelqu’un. En effet, si je n’avais pas vu l’affiche avec la proposition de recherche du laboratoire de Lyon, si je ne m’étais pas décidée à les contacter et à partir… aujourd’hui je ne serais pas mariée avec un Français et je n’habiterais pas Marseille !

 

Témoignage recueilli en juin 2016. Date de publication : 10 août 2016.

Crédits photo : By Tiia Monto, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. (Marseille, Vieux-Port)