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Les Nuits de Fourvière

L’art de la scène dans tous ses états

 

Quand la danse cohabite avec le cirque. Quand Molière dialogue avec Iggy Pop… Tel est le programme des Nuits de Fourvière. Ce festival lyonnais unique en son genre célèbre les arts de la scène dans toute leur diversité et leur éclectisme.

 

Le plus ancien festival des arts de la scène

Les Nuits de Fourvière est un festival atypique à bien des égards. À commencer par sa genèse. La manifestation voit le jour par hasard, dans la foulée d’une commémoration… En juin 1946, la ville de Lyon inaugure le théâtre antique de la colline de Fourvière, tout juste rénové. La troupe du théâtre antique de la Sorbonne est conviée pour célébrer l’événement. Elle jouera une semaine durant sans que le mot « festival » ne soit prononcé.

Un an plus tard, la Semaine d’art d’Avignon voit le jour. Elle donne aux Lyonnais l’idée de renouveler l’opération à Fourvière. Le festival naît officiellement sous le nom « Festival de Lyon », pour devenir en 1994 Les Nuits de Fourvière. À cette époque, il est réservé exclusivement aux représentations de théâtre, danse et musique classique. Le vent libérateur de Mai 68 aura un effet sur la programmation : il ouvrira la porte aux musiques contemporaines.

Désormais, ce sont près de 130 000 festivaliers qui investissent chaque année en juin et juillet le magnifique théâtre gallo-romain de Lugdunum à la tombée de la nuit.

 

Un site d’exception ressurgi du passé

Centre culturel majeur durant le Moyen Âge, le théâtre antique de Lugdunum tombe dans l’oubli au fil des siècles. Sur ses gradins, les vignes sont cultivées en terrasse. En 1933, lors des travaux d’expansion de la ville de Lyon sur la colline de Fourvière, les vestiges de ce bâtiment gallo-romain refont surface. Les fouilles permettent de mettre à jour un odéon datant de l’an 15 avant J.-C. Les historiens supposent que le site fut abandonné au cours du IVsiècle en raison du déclin culturel qui accompagna celui de l’Empire romain. Il est aujourd’hui classé aux Monuments historiques de France.

 

De la scène antique au spectacle contemporain

Les Nuits de Fourvière sont un lieu privilégié pour réviser les classiques. En tête des productions les plus souvent montées, « Andromaque » de Racine et « Le Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare. Cette dernière est d’ailleurs à l’affiche cette année dans une version venue de Californie : l’acteur hollywoodien Tim Robbins en signe la mise en scène.

Le festival accorde aussi une place importante au théâtre contemporain : Christian Schiaretti met en scène « La Leçon » d’Eugène Ionesco. Joël Pommerat dévoile son nouvel opus, « Ça ira (1), Fin de Louis », un spectacle inspiré de la Révolution française. Côté musique, le pop rock est au cœur de la programmation : les têtes d’affiche s’appellent Iggy Pop, Ben Harper, Björk ou encore Christine and The Queens.

C’est sans doute l’une des clés du succès des Nuits de Fourvière : les stars y côtoient des productions artistiques moins grand public. Ainsi le festival se clôture le 31 juillet avec un classique du théâtre hongrois : « Liliom »  de Ferenc Molnar. Une fable énigmatique méconnue en France et qui résume, à elle seule, l’esprit explorateur de ce festival.