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"Français de France" et "Français d'Haïti"

"Français de France" et "Français d'Haïti"

 

La grande richesse du français tient en partie des multiples expressions qui naissent sur un territoire francophone ou un autre. Mais attention aux incompréhensions et aux malentendus !

Le français est l’unique langue officielle dans 13 pays et l’une des langues officielles de 16 autres. Il est également couramment utilisé dans 7 pays à travers le monde. Haïti fait évidemment partie de la deuxième catégorie.

On ne parlent pas exactement le même français sur tous ces territoires francophones. La langue se singularise car elle évolue sur un territoire avec une histoire propre, ainsi qu'un bassin géographique et culturel qui influence en particulier les expressions courantes. Ce type d'évolutions concerne principalement la langue parlée et existe également d'une région française à l'autre.

Ainsi donc, de nombreuses expressions sont différentes en "français haïtien" par rapport au "français de France". En voici quelques exemples :

Les « faux-amis » 

« Donner ou prendre une roue libre » désigne en Haïti le fait de "prendre quelqu’un en stop" ou d’"être pris en stop", selon l’expression consacrée en France. D’un autre côté, l'expression « être en roue libre » en France signifie agir librement, sans contrainte et/ou sans effort. Cette expression peut avoir une connotation négative et désigner une personne qui est ingérable ou en dérive.

Un "blocus" correspond en Haïti à un "embouteillage" ou un "bouchon" en France. Dans l'Hexagone, on utilisera le terme de "blocus" pour qualifier une opération qui vise à occuper une position par la force pour couper l'accès à une zone. Il est très souvent utilisé en tant de grève par les étudiants qui bloquent l'accès à leur établissement et empêchent la tenue des cours pour exprimer leur mécontentement.

En France, le "petit-déjeuner" ou « p’tit dèj’ » désigne le repas du matin, alors qu'en Haïti on parle plus souvent de « déjeuner ».

Les anglicismes 

En France comme en Haïti certains termes anglais sont intégrés dans l'usage courant du français.Toutefois, les termes utilisés diffèrent d’un français à l’autre.

Ainsi, le repas du midi sera qualifié de "déjeuner" en France et de « lunch » en Haïti. Il est également courant en Haïti de différencier "l’ordinateur" du « laptop ». En France, ce dernier sera davantage désigné par le terme "ordinateur portable" ou "portable" (ce qui porte parfois à confusion avec le "téléphone portable" qui est lui aussi le plus souvent appelé "portable"). Autrement, la plupart des anglicismes se retrouvent dans les deux pays  (vous pouvez retrouver tous les anglicismes et néologismes répertoriés par l'Académie Française).

Le langage familier 

En France, le langage familier égraine les contractions (par exemple « la clim’ » pour la climatisation), les termes argots (par exemple "le clébard" ou "le clebs" pour le chien) ou issus d'autres langues comme l’arabe (par exemple "un toubib" pour un médecin) ou même le créole (les "ba'ay" pour les "trucs" ou les "affaires"). L'usage de termes verlan (avec des syllabes ou lettres inversées) est aussi très répandu, en particulier parmi les jeunes (par exemple "ouf" pour fou ou "relou" pour lourd). En Haïti, parler un français familier consistera davantage à faire appel à des expressions ou termes tirés du créole haïtien.