Les étudiants africains formés dans les universités et autres grandes écoles européennes et américaines sont de plus de plus nombreux à envisager de retourner dans leurs pays d’origine après leur formation ou une première expérience. Comment appréhendent-ils ce retour ? Quels sont les mesures prises par les Etats africains pour les encourager à rentrer ? Existe-t-il des freins à ce retour ? Toutes ces questions étaient au centre d’une rencontre organisée à Paris, samedi 18 juin, par l’association sénégalaise « Etudiant 221 ».

De plus en plus d’étudiants africains de France envisagent de rentrer chez eux.  Le phénomène, qui augmente d’année en année, peut en partie s’expliquer par le chômage galopant en France, qui touche majoritairement les étrangers, mais aussi par les bonnes perspectives économiques qui s’ouvrent en Afrique.

Toutes ces raisons encouragent ainsi les jeunes africains diplômés en France à rentrer chez eux. Mais cette nouvelle tendance trouve aussi son explication dans la politique amorcée par certains Etats africains, et qui consiste à inciter leur matière grise établie en Europe, Amérique, ou en Asie, à rentrer afin de contribuer au développement de leur pays.

Parmi ces pays, il y a notamment le Sénégal dont les autorités ne ménagent pas leurs efforts dans ce sens. « Il y  a des possibilités non exploitées » au Sénégal, plus généralement en Afrique, justifie le chef du Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (SGESE), Moïse Sarr, samedi à Paris, lors d’une rencontre organisée par l’association « Etudiant 221 ».

Dilemme

Cependant, si tentés soient-ils de faire le grand saut vers le retour, les diplômés n’en demeurent pas moins confrontés à un dilemme. Moïse Sarr  estime en effet que les jeunes diplômés qui envisagent de rentrer dans leurs pays d’origine sont avant tout freinés par la pression familiale. Souvent les parents ou proches du candidat au retour tentent de l’en dissuader, l’encouragent à rester en dans son pays  d’accueil même s’il n’y trouve pas de travail.

A cela, s’ajoute la crainte de la discrimination. Un avis que semble partager les étudiants présents à la rencontre de samedi.

En dépit de ces facteurs bloquants, les Etats africains tentent d’inciter ces jeunes diplômés au retour.    «Il appartient aujourd’hui de former une jeunesse qui demain ou après-demain pourra porter haut les projets du pays », relève Moise Sarr. De ce fait,  une réorientation stratégique de l’offre de formation sur les besoins du marché, nouvelles politiques des bourses, réforme des titres avec l’abrogation de la loi 81-59  Assistants stagiaires au Sénégal a été mis en place. De plus, des stratégies en faveur des jeunes ont été développées telles que les bourses doctorales de 3ème cycle en alternance, signature de conventions, bourse de mobilité allant de 4 à 10 mois.

L’avenir se joue en Afrique

Plusieurs structures ont également été mises en place comme la BNDE  (Banque nationale pour le développement économique), la FAISE (Fonds d’Appui à l’Investissement des Sénégalais de l’Extérieur) ou encore l’ANPEJ (l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes).

Pour conclure, le directeur de la SGEE appelle les étudiants africains de France à aller à la conquête du futur car l’avenir se joue en Afrique. Un discours fortement apprécié par l’auditoire. Désormais les étudiants sénégalais ont toutes les cartes en main pour envisager un retour dans leurs pays d’origine s’ils le souhaitent.

 

 Source:http://www.afriqueconnection.com/