s'inscrire / se connecter
Au potager du Roi Soleil

Terroir royal

 

Le roi Soleil était friand de figues, melons et petits pois… Jean-Baptiste de la Quintinie lui offrit un potager digne de ses papilles royales. Un modèle horticole situé à deux pas du château de Versailles et que l’on peut encore visiter aujourd’hui.

 

L’autre jardin de Versailles

En 1678, Louis XIV est sur le point d’installer sa cour dans le plus majestueux des châteaux jamais construits. Il imagine alors un potager à la mesure de sa démesure, capable de satisfaire son appétit vorace et de nourrir les 5 000 personnes de la cour.

Le roi ne s’appelle pas Soleil pour rien. Il met au défi Jean Baptiste de la Quintinie, agronome français de renom, de bâtir le jardin potager au-dessus d’un marécage. L’endroit, qui n’a rien de charmant, porte le doux nom d’« étang puant »… Aqueducs souterrains, pierres pour le drainage, surélévation des cultures : l’ingénieux agronome ne manque pas d’astuces pour assécher la zone et rendre ces terres fertiles.

Les travaux nécessaires à l’aménagement des neuf hectares de jardins à la française vont durer cinq ans. Le roi Soleil a aussi le goût du jardinage : dans les allées où il se promène volontiers, il apprend à tailler les arbres fruitiers. Il aime s’installer sur la terrasse en surplomb et contempler son potager.

 

Des fruits et légumes en majesté

Le génial la Quintinie ne se contente pas de satisfaire le monarque : il va devancer ses attentes. En cette fin de XVIIsiècle, il imagine la récolte à contre-saison. Le Potager du Roi devient un laboratoire vivant, précurseur dans la culture primeur. À la table du roi, les convives dégustent des fraises en janvier, des asperges le mois suivant. Plus exotiques, les serres chauffées permettent de produire du café, des bananes et des ananas en plein Versailles.

La Quintinie taille, greffe et invente de nouvelles variétés de fruits et légumes. Il devient ainsi le souverain absolu de tous les jardins. À sa mort, l’agronome a compilé pour la postérité toutes ses observations dans un traité, « Instruction pour les jardins fruitiers et potagers ».

 

Un conservatoire vivant

Le Potager du Roi est aujourd’hui placé sous la responsabilité de l’École nationale supérieure du paysage : ce centre de formation des ingénieurs horticoles jouit d’une réputation internationale. Un lieu de savoir, de transmission et de préservation de la biodiversité léguée par La Quintinie et ses successeurs.

Le site a pour vocation de rendre accessibles au public des variétés rares ou peu connues. Plus de 800 espèces de fruits et légumes sont cultivées et commercialisées, dont une impressionnante collection de poiriers. Chaque année, 40 000 visiteurs parcourent les allées du plus célèbre potager de France pour déguster ces produits pas tout à fait comme les autres. Au regard des 3 millions de touristes qui se rendent au château de Versailles voisin, le Potager du Roi fait presque figure de jardin secret…