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Histoire d'Alumni - Portrait de Christina KOULOURI

01 décembre 2023 Communauté
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1. Quel est votre parcours d’études ? 

J’ai décidé de faire mes études en France, car, ayant fréquenté une école française, l'école franco-grecque des Ursulines, j'ai été initiée à l'histoire, à la littérature et à la culture de la France. Après avoir terminé mes études de premier cycle dans le département d'histoire et d'archéologie de l'École de Philosophie d'Athènes, j'ai poursuivi mes études de master en histoire moderne à Paris. La réputation de l'école française des Annales avait déjà influencé les historiens grecs de l’époque, et le fait d'avoir eu l'occasion de lire certains des ouvrages de référence de cette école m'a fortement motivée. Les noms de Fernand Braudel, Jacques Le Goff, Pierre Nora, Georges Duby m'ont attirée dans ce début d’aventure académique. À Paris, j'ai obtenu deux D.E.A. (Diplôme d'Études Approfondies), comme été alors appelés les masters, l'un à Paris I-Panthéon-Sorbonne et l'autre à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (E.H.E.S.S.). J'ai ensuite soutenu ma thèse de doctorat en histoire à Paris I-Panthéon-Sorbonne.

 

2. Qu’est-ce que vous ont apporté vos études en France ? En quoi votre passage en France a eu un impact sur votre situation actuelle ?

Mes études en France, à une époque où la Grèce ne disposait pas encore de filières d’études de niveau master, ont été décisives pour le développement de ma pensée scientifique. Assister aux séminaires de l'E.H.E.S.S., ouverts à un public international, a été une expérience d'apprentissage unique. Je me souviens encore d'avoir pris le programme des études, identifié les séminaires auxquels je voulais assister dispersés dans tout Paris, et de courir toute la semaine de l'un à l'autre avec enthousiasme. Cependant, je n'ai pas seulement été influencée par mes études. Mon séjour à Paris a été riche en expériences culturelles qui, à un si jeune âge (j'y suis allée à 21 ans), ont façonné mon sens de l’esthétique et mes goûts en général. Le théâtre, l'opéra, les expositions de peinture, les musées et les bibliothèques faisaient partie de mon programme hebdomadaire. La ville en elle-même était une expérience particulière, à une époque où Athènes n'avait ni métro, ni trottoirs, ni parcs. De plus, Athènes n'avait pas encore un profil multiculturel et les chances de rencontrer des personnes venant d'un autre pays étaient limitées à la période des vacances. À Paris, en revanche, j'ai rencontré des étudiants du monde entier et j'ai assisté à des événements organisés par différentes communautés, principalement à la Cité universitaire. J'ai délibérément choisi de ne pas me limiter au cercle des étudiants grecs, qui fonctionnait comme une petite patrie loin de chez moi. De cette manière, mon séjour à Paris fut essentiellement international et cela a influencé la manière dont je perçois la Grèce depuis. 

 

3. Aujourd’hui, où en êtes-vous dans votre carrière ? Que se passe-t-il en Grèce dans ce domaine et en quoi pensez-vous que la coopération internationale est importante dans ce domaine ? Parlez-nous des groupes internationaux de réflexion auxquels vous participez ? 

Je suis actuellement professeure d'histoire moderne au département de science politique et d'histoire de l'université Panteion des sciences sociales et politiques. Je suis également rectrice de l'université depuis septembre 2020 après avoir été présidente du département de science politique et d'histoire et doyenne de la faculté de sciences politiques. Le domaine de l'histoire moderne a connu une forte croissance en Grèce au cours des dernières décennies, comme en témoignent les programmes universitaires, les publications, les revues, les associations scientifiques et la recherche en général. Une grande partie de la communauté des historiens dans ce domaine a étudié en France, mais la jeune génération est majoritairement anglophone et cette tendance s'accentue. De plus, ces dernières années, grâce notamment à la révolution technologique, les réseaux internationaux de communication et de coopération entre universités et chercheurs se sont développés, ce qui est particulièrement important pour les petits pays comme la Grèce. Dans le cadre de l'Union européenne, la mobilité des professeurs et des étudiants à travers le programme Erasmus et la formation d'équipes de recherche provenant de nombreux pays ont été encouragées. Ces synergies ne peuvent être que bénéfiques pour toutes les parties concernées, car elles favorisent l'extraversion et élargissent les horizons scientifiques. L'université de Panteion a signé des accords de coopération avec de nombreuses universités sur tous les continents, renforçant ainsi sa stratégie d'extraversion. Personnellement, je participe à divers réseaux internationaux avec les États-Unis (Université de Princeton), le Royaume-Uni (Université de Reading), l'Allemagne (Université de Regensburg), etc.

 

4. Continuez-vous d’entretenir des liens de coopération avec la France ? Si oui, lesquels ? 

J'ai des liens étroits avec la France grâce aux contrats Erasmus, qui me permettent d'enseigner dans des universités françaises et d'y envoyer mes étudiants. Je publie régulièrement des articles en français dans des revues et des volumes collectifs. En plus de ma thèse de doctorat, j'ai publié un autre livre en français. J'ai donné des conférences et j’ai participé à des congrès et à des réunions scientifiques en France et en Suisse romande. Par ailleurs, j'ai assisté à la soutenance de thèses de doctorat en France en tant que membre de comités d'examen. J'entretiens, qui plus est, d'étroites relations avec l'École française d'Athènes avec laquelle Panteion a signé un accord de coopération, et dont je suis membre au conseil d'administration. De manière générale, j'ai participé en Grèce à de nombreuses initiatives visant à organiser des activités conjointes gréco-françaises. Sur le plan personnel, ma fille aînée a fait ses études supérieures en France et poursuit ses études de doctorat à l'Université Pierre et Marie Curie. Ma deuxième fille suivra bientôt ses pas avec une maîtrise en droit. J'ai confiance en le système éducatif français.

 

5. Quels sont vos conseils pour ceux qui poursuivent leurs études ou cherchent un travail en France après leurs études ?

La France possède une solide tradition universitaire, un corps enseignant de grande qualité et une culture proche de celle de la Grèce. Les études sont gratuites, ce qui constitue un avantage considérable par rapport à d'autres pays, et plusieurs programmes d'études sont déjà disponibles en anglais. En outre, il existe des résidences universitaires et d’excellentes infrastructures pour l’accueil des étudiants. Les études allient donc qualité et soutien dans la vie quotidienne. Les conditions de travail sont également bien meilleures car les Français aiment prendre du bon temps hors de leur vie professionnelle, et n'ont pas des programmes surchargés sans aucun temps libre. Pour eux, la qualité de vie est aussi importante que la productivité au travail. En ce sens, ils se rapprochent de la mentalité grecque et c'est pourquoi nous nous sentons proches de la France à tous égards.




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