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Histoire d'Alumni - Portrait de Vassilis CHARMANDARIS

18 janvier 2024 Communauté
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1. Quel est votre parcours d’études ? 

Depuis mon plus jeune âge, je suis fasciné par l'espace et les sciences physiques, en particulier par la possibilité qui nous est donnée de faire des prédictions sur ce qui se passera dans le futur, en se basant sur les lois physiques et des mesures précises. Enfant, j'étais fasciné par le fait que l'on pouvait prédire exactement quand le soleil se lèverait ou quand et entre quelles constellations apparaîtrait la prochaine pleine lune. C'est donc, avec évidence, que j'ai choisi d'étudier la physique à l'université Aristote de Thessalonique. Puis, grâce à une bourse de la Fondation Fulbright, j'ai poursuivi mes études aux États-Unis où j'ai obtenu mon doctorat en astrophysique à l'université d'État de l'Iowa en 1995.

 

2. Qu’est-ce que vous ont apporté vos études en France ? En quoi votre passage en France a eu un impact sur votre situation actuelle ?

J'ai visité la France pour la première fois en tant qu'élève de troisième dans le cadre d'un programme d'échange entre le troisième lycée de Serres, où j'ai grandi, et la ville jumelée de Fosses, située au nord de Paris dans la région du Val d'Oise. Je me considère très chanceux d'être retourné en France et plus particulièrement à Paris immédiatement après mon doctorat en 1996. J'ai d'abord été chercheur postdoctoral au Service d'Astrophysique du CEA-Saclay et j'ai continué en tant que boursier Marie Curie à l'Observatoire de Paris jusqu'en 1999. Sans aucune exagération, ces trois années ont été cruciales pour ma carrière professionnelle et pour le fait que je travaille maintenant, comme j'en rêvais depuis mes études, en tant que professeur d'université en Grèce. D'une part, j'ai eu l'occasion de travailler et de me former aux côtés d'excellents scientifiques et de personnes avec lesquelles, peut-être grâce au fait que je parlais français, j'ai noué des relations à vie, tant professionnelles que personnelles. D'autre part, j'ai commencé à faire des recherches sur l'astrophysique extragalactique en utilisant les observations des télescopes spatiaux infrarouges. Ce domaine de recherche a été rendu possible grâce à des détecteurs de dernière technologie. Il a véritablement ouvert nos horizons dans la compréhension des régions de l'Univers, telles que les centres de galaxies lointaines où les nouvelles étoiles et les trous noirs ne peuvent être observés avec des télescopes ordinaires car la présence de grandes quantités de poussière et de gaz ne permet pas à la lumière d’y pénétrer. Mon expérience avec l'Infrared Space Observatory de l'ESA, la caméra infrarouge que l'équipe du CEA-Saclay où je travaillais a construite en 1995, a été unique. Grâce à elle, j'ai poursuivi ma carrière de chercheur à l'université Cornell aux États-Unis, au sein de l'équipe qui a construit le spectrographe infrarouge du télescope spatial Spitzer de la NASA, lancé en 2003.

 

3. Aujourd’hui, où en êtes-vous dans votre carrière ? Que se passe-t-il en Grèce dans ce domaine et en quoi pensez-vous que la coopération internationale est importante dans ce domaine ?

Sur la base des très intéressants résultats de recherche que nous avons obtenus grâce aux données des télescopes spatiaux ISO et Spitzer, j'ai eu la chance de revenir en Grèce en 2005, après 16 ans passés à l'étranger, en tant que membre du corps enseignant du département de physique de l'université de Crète, où j'ai aujourd'hui le rang de professeur. En parallèle, avec mes collègues astrophysiciens dans l'excellent écosystème académique de l'Université de Crète et de la Fondation pour la Recherche et la Technologie-Hellas (FORTH), nous avons convaincu l'État et avons créé en 2018 l'Institut d'Astrophysique que j'ai le plaisir de diriger depuis 5 ans.  Je considère l'enseignement universitaire comme une expérience unique en ce sens que nous pouvons facilement, depuis cette position, éduquer les jeunes, l'avenir de notre pays, et les aider en leur donnant les bons conseils pour réaliser leurs rêves et leurs ambitions. Dans le même temps, l'organisation d'un nouvel institut de recherche avec un personnel ambitieux et hautement compétent est un défi majeur.

Nous avons déjà accompli suffisamment de choses, puisque nous avons obtenu le financement nécessaire pour conclure une série d'améliorations majeures à l'Observatoire de Skynakas, notre plus grande infrastructure de recherche et l'observatoire de recherche le plus productif de notre pays, au cours des deux prochaines années. Ces améliorations nous donneront un nouvel élan et un potentiel de développement beaucoup plus important, à la fois en termes de recherche, de développement et de questions opérationnelles avec une empreinte sociale et économique significative en Crète et dans notre pays. Nous avons réussi à attirer d'excellents jeunes chercheurs, grecs et étrangers, reconnus à l’international, et les résultats de leurs recherches en Crète ont déjà réussi à attirer les regards de la communauté académique internationale sur nous. Par exemple, il est intéressant de noter que sur les 6 bourses hautement compétitives du Conseil européen de la recherche du domaine de l’astronomie en Grèce, 5 sont mises en œuvre par des chercheurs de l'Institut d'Astrophysique de FORTH en Crète. Bien entendu, si tous nos chercheurs n'avaient pas passé une grande partie de leur carrière à l'étranger afin d’acquérir de l'expérience auprès d'institutions ayant des siècles de tradition dans la recherche, ce succès n'aurait pas été possible.

Les collaborations internationales sont cruciales pour surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés en tant que chercheurs dans un pays objectivement petit et doté d'une infrastructure limitée. Avec du travail, de la patience, de la persévérance et de bonnes idées, les liens avec des institutions étrangères peuvent avoir un effet multiplicateur et nous rendre compétitifs au niveau international. La participation de notre pays en tant que membre de l'Agence spatiale européenne continuera, je pense, à nous offrir de nombreuses opportunités de développement à l'avenir.

 

4. Continuez-vous d’entretenir des liens de coopération avec la France ? Si oui, lesquels ? 

J'entretiens des liens très étroits et des collaborations avec la France, principalement avec des collègues, devenus de bons amis, du CEA-Saclay et de l'Observatoire de Paris où j'ai travaillé. Plusieurs d'entre eux me rendent visite, ils viennent en Crète chaque année pour travailler ensemble et nous avons de nombreux projets de recherche communs financés par l'Union européenne. J'ai personnellement co-supervisé des doctorants à Paris, j'ai été membre de comités d'évaluation de doctorats et j'ai également eu la chance de réussir à attirer en Crète, en tant que chercheurs post-doctoraux, deux excellents étudiants ayant terminé leur doctorat en France. Je suis très heureux d'avoir l'occasion depuis 25 ans de me rendre en France pour des raisons professionnelles, et plusieurs fois ces dernières années, en tant que membre de conseils scientifiques et de comités du CNRS, de l'Observatoire de Paris et du CEA. Ces expériences m'ont aidé indirectement à organiser et à évaluer des structures similaires en Grèce. Le fait que, parallèlement à mes obligations professionnelles, j'ai l'occasion de découvrir, ne serait-ce que brièvement en tant que visiteur à présent, la culture française, de discuter de divers sujets avec des amis français, mais aussi de goûter régulièrement à l'excellent vin et à la cuisine française (en particulier les spécialités de la cuisine sud-ouest) est quelque chose d'inestimable pour moi.

 

5. Quels sont vos conseils pour ceux qui poursuivent leurs études ou cherchent un travail en France après leurs études ?

Je suis peut-être un peu partial, mais je pense que dans le domaine de l'astrophysique, la France est le meilleur pays pour étudier et travailler. La France a une profonde tradition et un grand respect pour l'éducation et la culture en général, elle est accueillante pour les étrangers, elle possède d'excellents établissements d'enseignement supérieur, une solide infrastructure de recherche nationale et offre des bourses et l'accès aux principales expériences internationales d'astrophysique et aux organisations de recherche. Elle est également un leader international dans les domaines astronomiques impliquant l'utilisation de l'optique avancée, des technologies laser et des télécommunications. En parallèle, elle se caractérise par un mode de vie équilibré, qui accorde une attention particulière aux besoins de la famille et des enfants. En particulier pour les personnes originaires de Grèce, où la connaissance du français est très répandue et où la culture française est proche de la nôtre, je pense que c'est le meilleur choix.




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