Le thème du premier numéro est l’Agriculture biologique. Les intervenants sont M. Alexandre BOUCHOT - Conseiller aux Affaires Agricoles, Ambassade de France ; M. NGUYEN Quoc Toan – Premier Adjoint au Directeur du département de Transformation et de Développement du marché agroalimentaire du Ministère de l'Agriculture ; M. NGUYEN Van Cuong - Directeur de l'Institut de l'Agriculture Biologique et Mme BUI Hang Phuong - Journaliste du journal Nhan Dan, Spécialiste en Agriculture et Énergie Verte, en présence des représentants des entreprises , des chercheurs et plusieurs alumni travaillant dans le domaine de l’agriculture biologique ainsi que ceux intéressés à y investir.

M.NGUYEN Quoc Toan a donné aux participants une vision panoramique sur la situation réelle du développement de l’agriculture biologique au Vietnam, surtout des évolutions dans les politiques publiques de promotion de l’agriculture biologique dont notamment la préparation d’un décret sur l’agriculture biologique qui devra sortir en fin d’année ensemble avec les nouvelles normes biologiques nationales et le Programme national de développement de l’agriculture biologique jusqu’en 2025. Il a partagé avec les participants : bien que l’agriculture bio est un humaniste, répondant non seulement aux préoccupations des consommateurs sur la sécurité sanitaire des aliments, mais traite aussi les questions de justice sociale et de protection de l’environnement et des ressources naturelles durables, il faudrait attendre 10 ans pour que le public comprenne et apprécie ce qu’ils font aujourd’hui. L’agriculture biologique est un nouveau phénomène au Vietnam, il y a trop de choses à faire, à réfléchir ensemble. Plusieurs concepts de base font encore l’objet des discussions.

Un modèle exemplaire avec succès dans plusieurs pays est de créer des espaces réservées aux produits bio dans des supermarchés. Ces produits alimentaires dont les frais de productions sont plus élevés, ne contenant pas de conservateurs, bien évidemment plus chers sont réservés aux consommateurs conscients et prêts à payer.

Selon Monsieur Alexandre BOUCHOT, l’agriculture bio attire l’attention du monde entier. D’origine de l’Europe - Amérique et des pays développés, l’agriculture bio s’est rapidement répandue dans des pays en développement. Actuellement 1% des surfaces agricoles mondiales est consacré à l’agriculture bio, dont 40% en Australie. En France, la superficie bio a augmenté de 2 à 6%. Les pays en développement montrent également leur intérêt et engagement comme le Bhutan avec l’objectif de convertir en 100% bio d’ici 2020. La sécurité alimentaire est devenue une préoccupation prioritaire du gouvernement du Vietnam avec une population de près de 100 millions d’habitants. Vietnam est un des 18 pays qui sont en train de construire un cadre juridique pour l’agriculture bio.

Sur le plan mondial il y une prolifération des normes publiques et privées pour l’agriculture biologique, avec les modes de certification par tierce-partie ou par système de garantie participative (PGS). M. Bouchot a parlé de la situation en France ou les couts de la production dans certaines filières bio ne sont pas beaucoup plus élevés que les couts de la production conventionnelle, par contre la certification par tierce partie est très couteuse et le système trop complexe pour différentes filières. D’où émerge les PGS avec la participation des groupements de producteurs et d’autres acteurs des filières. Bientôt le Vietnam devrait considérer si et comment intégrer les PGS existants dans le nouveau cadre juridique.

La France et le Vietnam sont entrés dans une phase de coopération avancée avec le Programme de soutien aux transferts de connaissances, des savoir-faire du Ministère de l’Agriculture de la France au MARD du Vietnam, la France va participer activement à la conférence internationale sur l’agriculture biologique cette semaine à Hanoi et soutient le programme de mise à niveau des marchés grossistes au Vietnam.

M.NGUYEN Van Cuong a dit que l’agriculture biologique n’est pas si difficile, les produits bio ne sont pas chers par rapport aux valeurs intrinsèques. Mais cela dépend du niveau d’intellectualité des habitants, avec un effort de communication sur les avantages des produits bio, les agriculteurs ont besoin d’être rassurés que leurs produits seront achetés, qu’on les guide dans l’application des nouvelles technologies. Il existe au Vietnam un problème commun pour l’agriculture en général et l’agriculture biologique en particulier : le manque d’informations et de lien entre les facteurs des chaines de valeur. Son institut a un programme de conseil gratuit pour les agriculteurs afin d’assurer que leurs produits répondent aux normes et d’acquérir des certificats de qualité, d’aider les foyers et les entreprises à connecter avec l’Association des agriculteurs vietnamiens et assurer l’output des produits agricoles à petite et moyenne échelle.

Mme BUI Hang Phuong est en cours de rédiger un livre sur le biomass pour les agriculteurs. Elle a adressé un grand merci à France Alumni Vietnam et l’Ambassade de France au Vietnam pour avoir soutenu son livre. Elle a présenté ce projet de livre dans lequel elle a choisi 3 modèles de technologie énergétique correspondant à l’agriculture : biogas, Gasification et bio matériels. Elle a aussi présenté aux participants le Banh Chung Nuong Bac - gâteau de riz pour le Tet traditionnel du Vietnam fait du riz Dien Bien et de la viande de porc bio.

Le Café Alumni a permis aux participants d’échanger leurs points de vue, expériences et intérêts sur les politiques de gestion et sur le futur développement du marché biologique vietnamien et international.